Il était une fois (4) : Les Ailènes

 
alors, c'est un bon méchant???
 

On me rétorquera (certains de mes lecteurs l'ont d'ailleurs fait) que ces histoires de Ailères et de Ailènes, c'est un peu exagéré, que c'est une vision trop manichéenne et caricaturale. Il est vrai que la réalité est plus nuancée, mais après tout c'est un conte que je vous narre, pas un conte à la Gripari, où les bons sont quelquefois un peu et même beaucoup méchants et les méchants un peu et même très bons, non, c'est un conte à l'ancienne où les méchants sont méchants et les bons, bons. Vous pourrez toujours essayer de me convaincre que le Grand Méchant Loup ou la belle-mère de Blanche-Neige sont sympas, vous n'y parviendrez pas. Alors arrêtez de casser mes méchants-méchants, car vous me cassez les bons-bons. Par contre, si vous avez des infos, ce qui m'intéresserait, c'est de connaître les probables traumatismes de l'enfance qui ont fait que ces personnages soient devenus ce qu'ils sont.  

 
Gentille? Tu parles !!!!

Et au fond, j'ai quand même tendance à penser qu'un Ailène reste fondamentalement un Ailène et que les nuances viendraient plutôt de Ailères un peu influencés ou contaminés. Autrement dit, les Ailères peuvent au gré des circonstances plus ou moins se ailèniser, mais sauf exception, un Ailène ne s'ailèrisera jamais vraiment, il fera tout au plus semblant pour donner le change.

Après cette digression savante, je reprends le cours de mon récit. Vous vous souvenez, la terre avec ses deux hémisphères, les Poklères du Nord et les Pobrunes du Sud, le pays de Monsieur Franc, le royaume de madame Gaspard... Vous ne vous souvenez pas? Déjà atteints d'Alzeimer? Et bien allez donc réviser et revenez ici, une fois toutes ces connaissances rafraîchies!

Quand chez les Poklères, un couple désireux de fonder ou développer une famille et donner son amour à un enfant ne veut ou ne peut pas le concevoir, malgré la haute technologie actuelle qui parvient à en fabriquer, il essaie d'en adopter. Certains Ailènes se moquent d'ailleurs de cette démarche d'amour, accusant les postulants de vouloir « combler un vide affectif », accusation peu surprenante venant de créatures qui, comme je l'ai déjà expliqué plus haut, sont eux-même affectivement vides et considèrent l'enfant comme un moyen de combler ce vide ou même comme une poubelle à cochonneries.

Comme les possibilités d'adopter des enfants poklères sont limitées, les futurs parents vont en chercher dans l'hémisphère Sud, notamment au royaume de Mme Gaspard. Ce royaume, comme d'autres dans les grands continents du Sud, est d'ailleurs un fournisseur d'enfants, comme autrefois ils a été fournisseur d'esclaves, puis de soldats pour les grandes boucheries entre Pays de l'hémisphère Nord.

En effet dans le Royaume de Mme Gaspard ce ne sont pas les enfants qui manquent : on en fabrique à tour de bras (ce qui une façon de parler, ne m'accusez pas d'ignorance en matière de reproduction). Comme le gisement est riche, les candidats à l'adoption vont directement dans le pays prospecter ou s'adressent à des organismes qui les aident dans leurs démarches. Ces organismes étant apparemment garants d'une certaine transparence.

C'est donc ainsi que John et Amélie, Poklères du pays de Mr Franc décidèrent de s'adresser à une association de ce type qui leur garantissait l'origine des enfants et les soins qu'on allait leur prodiguer dans les premiers mois de leur existence. Cet organisme était dirigé par une admirable Ailère, Mme Lamontagne, qui se consacrait corps et âme à sa mission, donner à des enfants Pobrunes abandonnés la chance de grandir et de s'épanouir dans une famille. Et c'est ainsi que John et Amélie eurent la chance de pouvoir adopter une paire de jumeaux, garçon et fille. Ils faut dire que dans un coin du pays de Mme Gaspard, on rejette le jumeaux au prétexte qu'ils apporteraient le malheur dans la famille.

certains parents sont exigeants sur le rapport qualité/prix

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