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Il était une fois une terre avec ses deux hémisphères, nord et sud. Au nord, dans le pays de Monsieur Franc, où les gens vivaient à leur faim, avaient des voitures, des télés, des ordinateurs et un peu plus tard des portables, vivaient les Poklères ; au sud était une île qui abritait le royaume de Mme Gaspard. Dans cette île appelée aussi l' «ile continent », » tant elle était immense, vivait une population très pauvre, celle des Pobrunes. Ces Pobrunes avaient nettement moins de télés, très peu de voitures, mais quand même pas mal de portables, puisque cette mode sévissant chez les Poklères avait depuis longtemps traversé les mers. Les Pobrunes étaient assujettis à un roi qui avait piqué le pouvoir à un roi, qui avait piqué... (ainsi de suite).
De temps à autre en effet, les pauvres venaient à se révolter car ils avaient trop faim, ils renversaient alors le roi en place, qui avait entretemps immanquablement piqué la caisse, sujet supplémentaire de mécontentement pour la population. Lors de cette coutume de renversement de roi, certains sujets stimulés par le nouveau prétendant au trône devaient verser leur sang. Sang qu'on ne parvenait d'ailleurs pas à distinguer de celui des Poklères puisqu'après tout le sang est rouge, que ce soit au Nord ou au Sud et que quand on en verse un peu trop, on est mort.
Ce n'est d'ailleurs pas le seul point commun aux deux populations où l'on trouvait deux catégories principales de personnes : les Ailères et les Ailènes. Il est difficile d'expliquer l'origine de ces deux noms, mais les recherches les plus récentes à ce sujet ont émis l'hypothèse selon laquelle « Ailère » viendrait de « L.R. », abréviation de « Lunettes Roses»
Vision Ailère du monde
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Les Ailères croient au ciel bleu, à la plupart des fleurs et aux sources pures. Ils adorent la lumière, la transparence, l'amitié et l'amour. Ils peuvent être idéalistes, ont un cerveau, un coeur et des sentiments divers, tels que la tristesse, la peur ou la joie. Ils savent ce qu'est l'empathie, l'amitié et la solidarité. Les parents Ailères ont coutume de faire porter dès leur plus jeune âge à leurs enfants ces lunettes de couleur rose. Certes, au début, les bébés ont du mal à supporter cet accessoire encombrant pour eux, mais peu à peu, il s'y habituent et oublient même qu'ils le portent. Et à l'âge adulte, non seulement ils n'ont plus conscience de l'avoir sur le nez, mais ils ne le voient même plus sur celui des autres, tant tout cela leur paraît naturel et agréable. Et d'ailleurs, l'enlever supposerait une opération parfois si douloureuse que peu s'y résignent. |
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La deuxième catégorie de personnes, largement minoritaire est donc celle des Ailènes, à ne pas confondre avec celle des Hellènes, ceux des livres d'histoire, qui ,depuis belle lurette, étaient allés se faire voir chez les Grecs, je parle des « L N » qui dès leur prime enfance s'étaient dotés de lunettes noires, parce que dès leur naissance, leurs parents avaient été particulièrement violents et odieux avec eux et que leur survie avaient dépendu du port de cet accessoire, dont ils pensaient qu'il devait les protéger de la lumière et d'une vie qu'ils jugeaient dangereuse et inquiétante.
Leurs lunettes leur procurent évidemment une vision très sombre et pessimiste du monde, même s'ils donnent souvent le change, feignant d'être souvent comme les Ailères qu'il s'agit de ne pas effaroucher. Il faut dire que ce sont de parfaits comédiens, experts en duplicité et en hypocrisie. Ils possèdent souvent un cerveau hyper-développé, d'autant plus performant d'ailleurs qu'il n'est pas parasité par la tristesse, la peur ou la joie : les savants se disputent encore sur le fait de savoir s'ils ont oui ou non un cœur; difficile en tout cas de percevoir chez eux des sentiments authentiques. Certes, il leur arrive parfois d'imiter les Ailères, en faisant glisser par exemple une ou plusieurs larmes sur leur joue, mais heureusement ou malheureusement pour eux, ils ne ressentent pas la tristesse qui devrait aller avec. Ils haïssent l'amour, adorent une fleur, le « narcissus exacerbatus », mutation dégénérée du plus joli et si subtilement parfumé « narcissus poeticus», prennent facilement ombrage de la moindre remise en cause ou critique. |
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