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Le blog de jefherzog

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Cette chanson m'a été inspirée par une visite dans une maison dite de retraite.

Notre société, contrairement à d'autres de pays plus pauvres, où les anciens restent au sein de la société et même où leur avis a valeur de loi, a tendance à jeter un voile sur la vieillesse et la mort et ces maisons de retraite prennent l'allure de "voie de garage".

A l'exception des percussions Band in a Box, Arno a créé à partir de mes harmonies l'ensemble de l'accompagnement (guitares, basse...) Il a réalisé comme à l'habitude le mix. Une douzaine d'heures de travail pour l'arrangement ....

Texte, mélodie et harmonie de JF Herzog.

 

C'est vrai vous aurez peine à retrouver en moi
La femme alerte et vive que j'étais autrefois
Le temps impitoyable l'a bien trop maltraitée
Sous le poids de la vie tout son corps s'est voûté
Les épreuves, les peines, les deuils et les soucis
Y ont laissé leurs traces, leurs blessures aussi.

C'est vrai  je ne suis plus ce que j'ai pu être
Parfois dans le miroir je tarde à reconnaître
Ce visage fané sous l'effet des années
Ces cheveux clairsemés et ces joues émaciées.
Bien sûr j'ai le pas lourd, et même claudicant 
La démarche hésitante et  les gestes tremblants

Mais à vous qui m'aimez je tenais à le dire
Rien d'autre j'en suis sûre, pour moi ne serait pire,
Avant que ne se tourne ma tout dernière page,
Que de finir mes jours sur la voie de garage.

C'est vrai , vous le savez, je n'ai plus trop ma tête
Je bredouille souvent et me sens un peu bête
Quand un mot disparaît, un souvenir bafouille
Une image s'efface, une pensée s'embrouille.
Et même quelquefois j'ai peine à reconnaître
Celui que j'ai aimé, celle que j'ai vu naître

C'est vrai, vous vous lassez de mon humeur changeante
Passant des enthousiasmes aux plaintes larmoyantes
Des flambées de rancœur, aux vagues de tristesse, 
Des accès de froideur, aux bouffées de tendresse.
Vous en avez assez de ma sensiblerie,
De mes yeux qui s'embuent pour la moindre broutille.

Mais à vous qui m'aimez je tenais à le dire
Rien d'autre j'en suis sûre, pour moi ne serait pire,
Avant que ne se tourne ma tout dernière page,
Que de finir mes jours sur la voie de garage

Feuilletons à rebours le livre de nos vies
Revivons au travers de ses photos jaunies
Les plaisirs d'autrefois, les moments de bonheur
Mais aussi les épreuves, les chagrins, les douleurs
Qui ont tissé ces liens qui nous rendent complices 
Et forgé ces maillons qui encore nous unissent .

Sous d'autres latitudes, eu égard à mon âge
Les gens verraient en moi cette aïeule très sage
Qu'on respecte et honore et même qu'on envie
Pour sa longue expérience des humains, de la vie, 
Sur qui ils veilleraient avec le plus grand soin
Qu'ils accompagneraient jusqu'au bout du chemin

À vous tous qui m'aimez je tenais à le dire
Rien d'autre j'en suis sûre, pour moi ne serait pire,
Avant que ne se tourne ma tout dernière page,
Que de finir mes jours sur la voie de garage

Ne me laissez pas là mourir à petit feu
Tant d'amertume au cœur, de vide dans les yeux
Comme tous ces gens-là, dans leur fauteuil roulant
En ces locaux sans vie sans âme et déprimants
Ne m'abandonnez pas, voyageur sans bagage
Condamnée à jamais telle un oiseau en cage.

À espérer en vain quelques miettes d'amour
À voir, trop résignée se succéder les jours.
À ressasser sans fin mes espoirs amochés
À dépérir ainsi qu'un vieil arbre arraché
Et ne me laissez pas fragile et sans défense
M'étioler peu à peu de trop d'indifférence

À vous tous qui m'aimez je tenais à le dire
Rien d'autre j'en suis sûre, pour moi ne serait pire,
Avant que ne se tourne ma tout dernière page,
Que de finir mes jours sur la voie de garage

Published by jefherzog

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